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Sommaire de la page :

 

1_ Capitalisme et Totalitarisme : De la contrainte dans une société industrielle, la nature, la technologie, le totalitarisme et la démocratie  [article de fond]        

1 mai 2012

 

2_ Il faut préserver la démocratie. Josh FOX auteur de Gasland nous dit que la démocratie est en danger DU FAIT de l'extraction des gaz de schistes. [réaction]                                                   8-09-2013

 

3_ Serions-nous frappés d'amnésie ? L'extraction des gaz de schistes aurait amené un déni de démocratie... [réaction]                                                                                      

16-09-2013

 

 

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Capitalisme et totalistarisme.

De la contrainte dans une société industrielle.

La nature, la technologie, le totalitarisme et la démocratie.*

                                                                                                                                   1° mai 2012

 

 

 " Pour contrôler les dangers de moyens de plus en plus puissants et fragiles parce que complexes, gérer un espace et des ressources qui s’épuisent, prévoir et maitriser les réactions humaines qui empêcheraient de le faire, on est obligé de renforcer l’organisation. On est contraint de tout connaître, tout calculer, tout prévoir pour ce qui est de la nature et de l’homme. Et comme le phénomène dépasse les frontières seule une organisation – un Etat – mondial, gérant l’ensemble planétaire par ordinateur, peut éviter le désastre. […] dans le meilleur des cas l’homme ne se serait dégagé d’une nature totale que pour se livrer à une autre totalitaire."

Bernard Charbonneau. Le feu vert 1980 Ed. Parangon 2009.

 

Un peu d'histoire...

Depuis l'aube de l'humanité les hommes ont appris à prendre dans la nature ce qui était nécessaire à leur vie et à leur survie. Ce qui ne signifie aucunement que l'on a considéré celle ci comme une ressource, un réservoir - comme c'est le cas aujourd'hui au risque de surprendre bien des âmes simples qui croient que les pensées des hommes furent toujours ce qu'elles sont aujourd'hui. Nombre de documents archéologiques ainsi que des écrits nous montrent que des rites nombreux et bien ancrés réservaient à la nature un rôle important dans la vie sociale et lui conféraient un rôle symbolique très 'actif'. La Terre mère, les multiples hommages qui lui ont été faits rendent plus tangibles cette allégeance de l'Homme à sa mystérieuse bienfaitrice qu'il fallait remercier pour ses bienfaits en même temps que craindre pour ses fureurs.

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Yanamami-hamac-enfants---pere.jpg

Et puis vint le capitalisme ...

L'histoire des technologies a subi ces deux derniers siècles une accélération notable et qualitativement sans rapport avec tout ce qui a précédé. Celle-ci fut donc accompagnée d'un renversement complet de perspective dans la conception de la nature. A l'horizon du capitalisme moderne, la survie des sociétés à venir - telle qu'elle se dessine aujourd'hui - sera plus assurée par la production d'organismes génétiquement modifiés et de viandes fabriquées à partir de cellules souches en laboratoire que par l'arrivée des pluies ou des animaux à chasser. La nature - qui a perdu son statut de foisonnement dans lequel les hommes se trouvaient contenus et trouvaient leur place dans une certaine harmonie - est devenue pour l'humanité moderne une limitation - parfois insupportable - à son désir d'expansion infini. La volonté de lutter contre le changement climatique en trouvant une parade purement technique comme envoyer dans l'espace des miroirs qui réfléchiront les rayons solaires (géo-ingéniérie) en est une illustration remarquable.

Pour mettre en œuvre toutes les techniques, le statut de la nature est donc maintenant plutôt celui d'un réservoir de choses inertes dans lequel on peut puiser. Les techniques s'imbriquant les unes les autres, le 'système technicien' - comme l'appelait Jacques Ellul - ne peut exister et se perpétuer que dans la mesure où les parties qui le constituent s'agencent harmonieusement, font système justement (Il faut des machines outils pour fabriquer des outils et des outils pour fabriquer le reste) Dès qu'un élément fait défaut, et suivant son importance, il y a risque d'effondrement global !

Et l'on constate que le développement capitaliste accroît et multiplie les contraintes...

Ceci nous conduit donc à la situation suivante : plus l’empreinte de l’Homme sur la nature est grande, plus il lui est nécessaire d’assurer lui-même ce que la nature faisait mal (ou ne faisait pas auparavant) afin de pourvoir à ses 'besoins'. Que ce soit des besoins vitaux ou simplement ceux qui assurent la pérennisation de son mode de vie. La société est donc logiquement amenée à contrôler tout ce qui est mis en place alors que les processus naturels auxquels les hommes étaient soumis auparavant et qu’ils se contentaient de prolonger, n’avaient besoin d’aucune ‘gestion’ de leur part ; il suffisait de leur prodiguer quelque attention pour... ‘éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête’. Pour s'assurer des sources d'énergie nécessaires il faut aujourd'hui construire toute une infrastructure, assurer - manu militari, le cas échéant - le ravitaillement de cette source d'énergie, etc... Cette profusion de conditions indispensables à la survie du système est souvent sous-évaluée. Les sociétés sont de plus en plus complexes et - en conséquence ! - de plus en plus exigeantes vis à vis de ceux qui la composent. D’une certaine manière, la soumission aux phénomènes naturels a laissé la place à une soumission à l’ordre social. Qui grandit démesurément. Et celle-ci ne tombe pas du ciel, elle n’est pas un ‘accident de l’Histoire’, elle est logiquement incluse dans le processus (en cours) de domination toujours plus complète de la nature.

Alors que penser du développement économique ?

Par ailleurs, on peut se satisfaire de beaucoup de ces ‘conquêtes’ humaines (sur la nature, bien sûr) mais ce progrès est loin de se réduire – comme le déclarent ses défenseurs les plus naïfs – à un progrès de la connaissance ou même à une ‘satisfaction des besoins’ des hommes. Il s'agit surtout d'un développement de la production de marchandises - dont le moteur (dévoilé d'ailleurs assez tôt par les premiers économistes comme Adam Smith) était non pas la satisfaction des besoins de chacun mais la 'poursuite de l'intérêt bien compris' ! Celui-ci inclut la mise en place d’un système social qui englobe et promeut ce ‘développement économique’ car sans les structures contraignantes mises en place par l'Etat capitaliste point de développement possible ! Celui-ci dévoile aujourd’hui des dangers certains. Alors qu’au XIX° siècle les socialistes (on parle ici des premiers socialistes du début du XIX° siècle, de Marx, des anarchistes, de ceux qui s’étaient réunis dans la Première Internationale, …) - autant que les libéraux - étaient, dans leur immense majorité, ‘progressistes’ et voyaient l’avenir radieux de l’humanité à travers - ou après - le développement économique (...indéfini ?). Depuis les années 1960 un doute tenace s’est installé chez les populations des pays industrialisés. Les impasses du développement devinrent de plus en plus évidentes. Au point qu'un club de Rome – ramassis pourtant de bourgeois et de gestionnaires titrés - déjà en 1972 fit une critique de cette production et de cette accumulation sans fin mettant que cela mena à une catastrophe. D'autres firent ensuite apparaître que ces impasses étaient liées au fait évident que, depuis le début de l’ère industrielle qui fit du développement économique l’axe central de l’ordre social tout ce ‘développement’ était décidé en pure opacité en fonction de critères économiques par les gestionnaires – tant les patrons que les politiciens – de cette économie 1. Le souci de faire du bénéfice (et de tout créer en fonction de cela) produit une situation devenant intenable. Du point de vue écologique et du point de vue de l’humain.

Le capitalisme intègre sa critique.

Devant les menaces contre le système capitaliste - qu'elles soient objectives ou proférées par ses adversaires - les tentatives ne manquent pas de sauver l'essentiel en adaptant la critique. Dans les années 90 on inventa le "développement durable" ! Aujourd’hui, le comble est de constater que la variable écologique qui est intégrée à l’économie, n’en est qu’un facteur à prendre en compte pour que celle-ci ne s’écroule pas !

Le ‘verdissement’ des politiques économiques est certes une escroquerie authentique quand il s’agit d’offrir un spectacle écologiquement acceptable aux consciences superficielles de l’époque. Mais il est bien pire encore de faire entrer les critères écologiques comme simples paramètres d’ajustement ou comme un adjuvant stimulant pour une politique qui doit …soutenir la croissance. Dans tous les cas, « Le vrai est un moment du faux » 2 dans ce monde qui marche sur la tête ! Et pourtant, il est bien là le sens profond du développement durable soutenu avec tant de candeur par nos consciences citoyennes, …écologistes en tête.

Flics & Bank of Greece EE

La mutation progressive du système 'démocratique' vers le totalitarisme.

De cette façon d’aborder le problème de la destruction de la nature (y compris la nature humaine) les partisans du développement durable abondent dans le sens des réglementations, des contrôles et des contraintes drastiques vis à vis de tout ce qui se fait dans et en marge du moule, du mode de vie dominant 2 . Il n’y a – faut-il le dire ? – aucun objectif totalitaire sournois chez les dirigeants de ce monde, juste un aveuglement persistant et sans limite aux obligations que leur modèle rend nécessaire. Une insensibilité aux contraintes qu’ils imposent aux autres et, dans une certaine mesure, aussi à eux-mêmes. Ce constat est en complète contradiction avec les conceptions défendues par l’extrême gauche moderniste voyant dans les divers dirigeants qui mettent en œuvre ces mesures coercitives ...des petits führer en puissance. Des monstres au regard de notre monde qui serait admirable par ses modes de fonctionnement démocratiques.

Nous affirmons à l'opposé qu'il n'y a pas d'abandon de la démocratie vers un fascisme qui lui serait ontologiquement différent ! dans nos sociétés, la concentration du pouvoir et ce totalitarisme - bien réels - ne sont en rien des déviations vers un ailleurs de nature différente à la démocratie représentative mais se diffusent à partir de la logique même du développement capitaliste - ce qui le rend sans doute plus imperceptible pour certains !

D'une manière qui peut paraître paradoxale, ce totalitarisme prend naissance dans la forme de démocratie avec laquelle il s'est construit et en est le produit.

Les humains, devenus peu à peu inconscients de leur propre nature, laisse l'Etat être le dépositaire universel de leur humanité.

Le totalitarisme comme aboutissement de la "démocratie représentative", voilà qui semble bien étrange. Et pourtant...

 

 

* 26 mai 2012 : des modifications ont été apportées au texte original afin d'éviter quelques ambiguités. 

 

 

1 Il n’y a pas toujours décision à proprement parler car souvent on ne fait que parer au plus pressé pour replâtrer ce qui se fissurait… l’objectif étant simplement que la ‘machine’ puisse encore tourner ! ou si on ose une autre comparaison dans cette course à l’équilibre ce n’est qu’en fonction d’un déséquilibre actuel qu’on ‘décide’ de réduire pour atteindre un équilibre qui ne peut être que momentané.

2 Guy Debord   "la société du spectacle'

3 « Etre gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre ni la science, ni la vertu...
Etre gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réserve, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !
Et qu'il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République ! »

Pierre Joseph Proudhon ("Idée générale de la révolution au XIXe siècle")

La tirade de Proudhon est d’une plus que brûlante actualité !

 

ooooooooooo

 

 

8 septembre 2013

 

Suite aux déclarations de Josh FOX auteur d'un deuxième GASLAND qui a déclaré entre autres :

"Ce que nous avons découvert, dans le 2ème volet de GASLAND,

c’est que la démocratie cesse de fonctionner dès qu’il est question de gaz et de pétrole.

L’industrie pétro-gazière étend mille tentacules qui entourent nos représentants politiques

et privent les populations de leur droit de décider par eux-mêmes."

Ce qui peut laisser supposer que la démocratie fonctionnait et fonctionnerait sans cela...   

Comme ce n'est pas un propos isolé mais une conviction dûment étayée

il a semblé nécessaire de faire une petite mise au point.

 

Il faut préserver la démocratie ?

 

« ... [ en 1969] je constatais bien que tout ce que faisaient les autorités publiques allait à l'encontre de l'intérêt de la population, en général, mais je pensais que c'était parce que les gouvernants ignoraient les conséquences de leurs actes. J'en concluais alors qu'il s'agissait tout simplement demettre les élites au courant pour qu'elles changent d'orientation, ce qui, vous en conviendrez, était assez naïf.

En vérité, les politiciens en général se moquent pas mal des conséquences sociales et écologiques de leurs actions. Comme l'a démontré Pierre Clastres, « l’État est l'ennemi de la société ». Il ne peut augmenter son pouvoir qu'en détruisant les structures sociales, donc en réduisant la société à une vaste masse anonyme d'individus incapable de se diriger elle-même. »

Edward Goldsmith, fondateur de la revue L'écologiste. Entretien avec Laurent Ozon.

Propos recueillis le 25 Novembre 1994.


 

Le problème abordé par Josh FOX dans son film Gasland II ( que nous n'avons pas vu mais que nous abordons par ce que lui-même en a dit (1) et par le compte rendu du collectif ardéchois ) n'est pas nouveau. Il nous dit que les extractions d'énergies fossiles mettent en danger la démocratie(2). Lui-même aborde déjà ce thème dans Gasland I notamment dans les passages où il retrace les pressions exercées sur l'EPA - l'agence environnementale fédérale américaine - par les dirigeants de l'Etat et de l'agence.

Mais pour être déjà traité par bien des commentateurs ce problème n'en est pas moins encore une fois ...maltraité !

 

 

Penchons-nous sur les informations assez nombreuses que nous avons sur la façon dont ce monde va que ce soit aux USA ou ailleurs. " La manipulation consciente et intelligente des habitudes organisées et des opinions des masses est un élément important de la société démocratique." ... " C'est le résultat logique de la façon dont notre société démocratique est organisée." Ces phrases sont de Edward Bernays dans son fameux livre intitulé "Propagande" qui date de 1920. Le problème n'est donc pas tombé d'hier dans les consciences. Il est à noter pour ceux qui ne connaissent pas Bernays que celui-ci – neveu de Sigmund Freud – a très concrètement fait "passer l'Amérique d'une culture du besoin à une culture du désir, à vouloir d'autres choses avant même que les anciennes ne soient consommées, nous devons former une nouvelle mentalité en Amérique, les désirs doivent éclipser les besoins … ( il faut ) que les gens se mettent à acheter ce qu'ils veulent et non ce qu'il leur faut" l'idée était de Paul Mazer, banquier à Wall Street et l'homme de ce changement fut Edward Bernays. Herbert Clark Hoover, élu président des Etats Unis en 1928 - en s'adressant à un groupe de publicitaires et de conseillers en relations publiques - allait synthétiser : " Votre métier est de créer du désir et de transformer les gens en automate du bonheur, en machines qui deviendront la clé du progrès économique " … Ainsi, le tour est joué, en transformant les gens en automates, en machines …pour atteindre le but proclamé : le progrès économique ! Ce n'est plus le progrès économique pour l'Homme mais très explicitement l'Homme pour le progrès économique. L'objectif de l'Etat américain – c'est bien le président de la république des Etats-Unis qui joue le chef d'orchestre dans cette histoire ! – s'inscrit dès cette époque dans la logique de la manipulation de l'opinion. Et la démocratie donc ? Bernays insiste bien sur le fait que cette manipulation des désirs est " conséquence logique de la façon dont la société démocratique est organisée". Ce qui va à contre courant de certaines (auto)critiques du capitalisme moderne qui considèrent que ces manquements à la liberté élémentaire sont de simples " dérives " - certes en contradiction avec les fondements idéologiques du système - mais dont il suffirait d'empêcher l'apparition par des mesures appropriées : des règlementations, ...encore des règlementations !

Ah oui, mais la politique là dedans ? La vraie, la démocratie politique ? L'affaire d'Etat. Eh bien, il suffit de penser à tous les "spin doctors", les Ségéla, les aides de camp de Frèche (que l'on voit à l'œuvre dans le film qui lui est consacré) qui travaillent continuellement l'opinion dans nos pays démocratiques. De fait, tous les politiciens "démocrates" aujourd'hui utilisent ces techniques de manipulation. Aux dires d'un éminent publiciste du Gotha des faiseurs d'opinion, M. Blumenthal : « Les techniques professionnelles peuvent être employées au service de n’importe quel objectif et dans n’importe quel endroit, en fonction des circonstances. Peu importe le programme ou le candidat. » Moralité : la démocratie fait élire un président aussi bien que vendre un rasoir jetable. Et quand ces gens-là parviennent au pouvoir, que font-ils ? Aux USA, ils abolissent la loi sur l'eau pour permettre aux pétroliers de faire leurs extractions. En France il a fallu à une équipe de scientifiques bien ruser avec les institutions si démocratiques de notre pays pour faire des évaluations qui montrent clairement que les OGM sont nocifs pour la santé. Et l'Etat 'démocratique' français a refusé de livrer au public et aux scientifiques les expérimentations de Monsanto qui disaient le contraire (3). De tous côtés on entend que ça : l'Etat qui devrait se soucier de la santé et du bien être des populations qu'il représente n'en a cure. Que ce soit en Argentine, au Mexique, en Colombie, aux Etats Unis ou en France. Nulle dictature dans ces pays pourtant ils sont tous dirigés par des gens élus démocratiquement. Et les gaz et pétroles de schistes n'y sont pas pour grand chose. Alors les citoyens qui s'accrochent quand même à cette idée de l'Etat qui est garant du bien public nous rabachent ...qu'il faut être vigilant ! Alors soyons le jusqu'au bout.

C'est là qu'on retrouve les critiques lacunaires de Josh FOX : préserver la démocratie ? Mais dans quelle époque et quel paradis faut-il situer cette démocratie perdue ou en voie de l'être ? Il y a belle lurette que le capitalisme évolue vers une manipulation permanente des désirs et des comportements des populations. Aujourd'hui plus qu'hier et moins que demain. Et ce n'est certainement pas une preuve de lucidité que de penser que les gaz de schistes et autres énergies fossiles contribuent (...seuls ?) à cette évolution. Qui n'est pas nouvelle. Ce serait plutôt une goutte d'eau dans l'océan. Les mécanismes de la manipulation font partie du système démocratique depuis quasiment cent ans. Poussés par la nécessité de produire et de vendre, par la nécessité d'entretenir ...la croissance ! L'aboutissement de cette manipulation permanente et efficace est bien visible dans le fait que les élections - que l'on met en avant pour prouver que notre Etat démocratique, c'est la liberté ! - aboutissent à faire élire des candidats interchangeables à quelques détails près.

Rendons grâce à Josh FOX qui met en lumière des mécanismes des pouvoirs économiques et politiques qui permettent au système de s'approprier les consciences. Une à une parfois. En masse d'autres fois. Mais le NSA, PRISM et la main mise sur toutes les communications Internet ne sont pas dues aux GHDS mais bien à la nécessité globale dans laquelle se trouve le système de contrôler les populations. Et d'abord de nous surveiller. Et ensuite de nous manipuler pour que, tous, nous allions dans le même sens. La démocratie donc ? Mais de quoi parle-t-on ? Que doit-on préserver ? En fait, très clairement, il ne s'agit pas de préserver quelque chose de déjà là mais bien plutôt d'inventer quelque chose de neuf ! Préserver la démocratie, ne serait-ce pas une nième tentative de brouiller les pistes et sauvegarder le système en laissant penser que la démocratie est chancelante certes mais ...déjà là ?(4) 


 

1 Entretien avec H. Kempf sur le site Reporterre. Ainsi que l'interview à La tribune.

2 Le commentateur du collectif Ardéchois ajoute quand même qu'il faut " ...préserver la démocratie (ou ce qu'il en reste) et le droit despopulations à décider de leur avenir ".

3 Gilles-Eric Séralini : "Tous cobayes" où on lira qu'on peut transposer tous les griefs portés par J.FOX aux GHDS dans le domaine des OGM et plus largement des biotechnologies. Dans le site Pièces et Mains d'oeuvre on aura par contre un aperçu plus large : du nucléaire aux nanotechnologies en passant par les énergies "vertes". Où l'on comprendra que ce qui est en cause, c'est bien la société capitaliste industrielle dans sa totalité.

4 Nous ne croyons pas qu'il y ait une intention malveillante dans la façon dont J. FOX pose le problème. Mais (parfois) l'enfer est pavé de bonnes intentions...

 

Pour plus d'informations sur la manipulation en tant que système lire La manipulation

 

 

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16 septembre 2013

 

 

 

"N'a-t-on pas clairement devant nos yeux la démonstration

que les gouvernements n'ont plus la main sur l'organisation

de la démocratie dans leurs pays, qu'ils écoutent

davantage les sociétés transnationales

que les populations, occultant à celles-ci toute décision ?"

déclaration faite à l'intérieur des collectifs anti Gaz de Schistes

faisant suite à celles de Josh Fox

qui indique, lui aussi, que ce sont l'extraction des Gaz

et Hydrocarbures de Schistes qui entrainent

une paralysie de la démocratie dans nos pays.

 

 

Serions-nous frappés d'amnésie ?

 

De quelle démocratie parle-t-on ...que l'exploiation des Gaz de Schistes empêcherait d'exister ?

Quelques souvenirs reviennent :

1) le referendum de 2005 : les populations ont voté en France clairement 'Non au traité constitutionnel européen' ! quelques années après, les députés - même ceux qui déclarèrent pompeusement accepter le verdict du peuple - ont voté (ou se sont abstenus - en sachant que leur abstention équivaudrait au vote du texte) pour un traité équivalent au traité Giscard refusé. ...Déni de démocratie ? ...Les gouvernements ont-ils écouté les populations ? ...Qu'est ce que les GDS ont à voir là dedans ?

2) en 2003, réforme des retraites imposée par le gouvernement Raffarin (présidence Chirac) des milliers de gens participèrent pendant des mois aux manifestations. Aucun effet, la réforme "passe" ! En 2010 même chose avec Fillon ; plusieurs sondages montrant que 65% à 70% des gens étaient contre cette réforme. Rien n'y a fait. La réforme "passe". ...Déni de démocratie ? ...Les gouvernements ont-ils écouté les populations ? ...Qu'est ce que les GDS ont à voir là dedans ?

3) Allons voir plus ancien et plus ...écologique ! En juillet 1977 manifestation à Creys-Malville, la contestation nucléaire bat son plein : la construction des centrales aussi. Des manifestations massives ont lieu : à Malville soixante mille personnes ; la police tue un manifestant et fait preuve d'une férocité remarquable. La centrale de Malville se fera et sera une catastrophe, elle ne sera jamais opérationnelle et, quant au démantèlement ... aujourd'hui encore c'est loin d'être fini. ...Déni de démocratie ? ...Les gouvernements ont-ils écouté les populations ? ...Qu'est ce que les GDS ont à voir là dedans ?

4) Sortons de France : le tunnel pour le TGV Lyon-Turin (TAV en italien) : depuis des années des manifestations. Une 'minorité' : le val de Susa, est promise à la destruction si construction il y a. Unanimité contre le TGV dans cette vallée et grandes manifestations à répétition. Mobilisation dans tout le pays. Le projet est prêt aujourd'hui à être réalisé. ...Déni de démocratie ? ...Les gouvernements ont-ils écouté les populations ? ...Qu'est ce que les GDS ont à voir là dedans ?

On pourrait citer bien d'autres souvenirs. Où est donc cette démocratie qu'on voudrait sauver ? La pseudo démocratie dans laquelle nous vivons est édifiée pour servir le capitalisme*. Quand nous gagnons quelques rémissions c'est parce que nous avons pu instaurer un rapport de force en notre faveur. Comme en 2011 pour la loi contre la fracturation hydraulique. Ce n'est pas parce que notre combat passe aussi par des changements législatifs (...passagers ?) qu'il ne s'agit pas de rapports de force entre les populations et l'Etat.

 

* ce qui ne veut pas dire que nous vivons dans une dictature. Mais "sous des dehors probablement civilisés qui renforceront sa toute puissance voire même sous une forme 'décentralisée' et 'participative', et entourée de toutes les précautions 'environnementalistes' requises, [ l'Etat qui nous attend ] ...sera l'Etat de la régression sociale vers la barbarie absolue..." ( Le gouvernement par la peur au temps des catastrophes. Ed. de la Roue ).

 

 

« Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option technofasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. »(André Gorz, Ecologie et liberté, 1977)

 

 

 

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