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septembre    2009

 

Nous avions les produits vaisselle révolutionnaires, les pâtes révolutionnaires, les prises de position révolutionnaires ... et maintenant nous avons à Béziers et, très haut sur l’échelle de la falsification et de l’imbécillité : le bistrot révolutionnaire ! son nom ? La place Rouge !Place-rouge-vous-ne-croyez-plus-au-capitalisme1.jpg

         A cette évocation on aurait pensé à un troquet convivial qui, loin des affres de la consommation de masse, allait assurer un peu d’humanité aux assoiffés et aux affamés de la région. Et bien, en fait d’humanité on a droit à la bouffe industrielle et aux spectacles déprimants de niaiserie qu’on trouve dans n’importe lequel de ces lieux de villégiature faits pour plaire au plus grand nombre de ces zombies modernes que sont les consommateurs heureux de l’être.

Quoi de plus normal qu’un commerçant fasse sa pub ? Certes. Mais à la différence des autres, eux, ne croient plus au capitalisme ( si toutefois on s’accorde - quand même - sur le sens des mots ! ) et le disent tout haut. Il n’y croit plus et pour que tout le monde sache bien ce que cela signifie ils agrémentent leurs murs des icônes bolcheviques ( y compris le petit père des peuples : Joseph Staline. Voyez comme ils sont dérangeants, eux aussi : à contre courant des idées dominantes et du politiquement correct ... en cela, ils mériteraient toute l’attention de l’intelligentsia journalistico- politique, Jack Lang et Jean-François Kahn en tête ! )  A noter quand même une concession à la pensée correcte : le “Yes we can” qui a défrayé la chronique politicienne américaine.

 

          Avec ce genre de tristes sires on est en plein dans la perte de sens ; ce sens commun qui fait que chacun peut comprendre l’autre et permet, quand quelqu’un parle, d’entrevoir les présupposés, le contexte, voire la suite. Ce n’est évidemment pas l’appropriation des grandiloquentes icônes bolcheviques qui soit gênante. Dans le cas qui nous occupe on a enlevé leur sens aux mots pour ne considérer que leur caractère choquant qui est censé séduire une clientèle. Seul l’avenir dira si leur pari a fonctionné ou pas ... ( et c’est sans grande importance ) On a là un des mécanismes courants du fonctionnement de la publicité, cette incroyable broyeuse de l’esprit humain qui transforme tout en n’importe quoi pourvu que ça contribue à faire vendre. En ce domaine, comme dans bien d’autres, il est fort à craindre qu’on ne soit pas près de toucher le fond du gouffre si aucun « heureux bouleversement » ne vient …altérer le cours des choses.

 

 

dernière information anecdotique :

le 21.11.2010  le fameux restaurant révolutionnaire a fermé ses portes

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France inter : le PDG du label Tôt ou tard (Delerm, T. Fersen, Da Silva …) parle.      

      Où l'on apprend que celui ci est un partisan de la loi Hadopi et que son argument réside dans le fait que ce n'est pas parce qu'on a les moyens techniques de télécharger les musiques qu'il faut autoriser le téchargement, que l'État se doit d'interdire ce qui constitue un vol. Il est rare d'entendre cela de la part d'un tenant du système technologique puisque la fuite en avant technologique ne nous a pas habitué à ce genre de scrupule moral ; il faut dire que les constructeurs qui fabriquent à la fois les graveurs pour pirater et les CD dont ils voudraient qu’ils ne le soient pas, aimeraient gagner sur tous les tableaux, avoir le beurre et l’argent du beurre. Mais le plus hypocrite en la matière est de les entendre parler des artistes qui seraient spoliés. Pauvre Madonna, en effet, que l’on va frustrer de quelques millions de dollars ? On sait combien ils sont durement gagnés et les longues heures passées à s’interroger avec ses sbires et à chercher quel genre de sottises il va bien falloir encore produire pour que ça plaise à la foule de ses fan(atique)s ? Et la création artistique là dedans ..?

            On entend aussi ce monsieur (revenons à ce PDG, qui est un esthète, à n’en point douter) dire dans un premier temps que, bien entendu, les gens qui ont du talent finissent par atteindre le public ; c'est même leur credo : à croire que, eux, les « entremetteurs » du système ne servent à rien, ne sont pour rien dans cette affaire puisque, de toute façon, avoir du talent conduit immanquablement sans l'aide de quiconque à la reconnaissance médiatique. Quand on s'interroge sur la nullité de certains de ses chanteurs comme Vincent Delerm dont le chant est, pour qui a l'oreille un tant soit peu musicale, tout simplement insupportable on peut se demander si le système n'a pas quelque chose de fol dingue. Mais rassurez vous, ces gens là ont réponse à tout et ils vous diront alors que l'on se trompe tout simplement car si cette casserole de Delerm n'avait pas de talent il n'aurait pas atteint la notoriété. Étonnant comme raisonnement ? Pas le moins du monde ! il n'est pas utile d'être expert en sciences de la logique pour voir que les deux affirmations « si on a du talent alors on devient une vedette » et « si on est une vedette alors on a du talent » aboutissent à conclure à l'équivalence totale des deux affirmations : « on a du talent » = « on est une vedette ». [ Sous entendu pour tous les autres « on n'est pas une vedette » = « on n'a pas de talent »]. L'un et l'autre sont identiques, avoir du talent c'est la même chose que : être une vedette, il n'y a aucune faille dans le système : c'est le darwinisme vulgaire ( c'est à dire l'idéologie du marché ) dans sa plus claire acceptation ! ce qui est ne peut pas être autrement ! Celui qui est le plus fort survit ; les autres, ceux qui ne survivent pas, ne sont pas assez forts dans la lutte pour la vie. La minuscule bactérie qui fait mourir le puissant taureau … connais pas ! Que celle ci finisse par mourir avec  son hôte … connais pas non plus ! et ainsi de suite …

 M-farmer.jpg

Revenons à la réalité immédiate. Bien sûr, les failles existent et c'est le principe même de ces marchands qui se trouvent aux nœuds du système de vouloir se faire 'oublier', de faire penser qu'ils n'existent pas, que les gens ont un accès direct à la marchandise qu'ils vendent et que toute leur démarche pour faire vendre n'altère en rien l'esprit des gens. En fait, non seulement ils existent mais leur action est essentielle dans le système marchand : ce sont les objets vendus qui sont de plus en plus « superflus ». Ils n'y sont pour rien dans la reconnaissance de la casserole Delerm comme chansonnier émérite, disent-ils ? absolument pas ! ils ne sont pour rien non plus dans le formatage systématique de la musique comme divertissement insipide dont l'axe central est le besoin puéril de ces grands ados attardés qui aspirent à ...« passer à la télé », à ...« être connus », à « devenir des stars ». (les moins entreprenants se contenteront d’admirer. Bader les stars, c'est le nec plus ultra de la contemplation de la marchandise) L'avilissement du goût par le spectacle de la médiocrité, ils ne connaissent pas et de toute façon ils n'y sont pour rien puisque c'est le public qui décide… démocratiquement, bien sûr ! Toutes ses notions tournent autour d'elles mêmes et se répondent dans un système qui se veut inattaquable. C'est la démocratie, c'est le marché (...de la création, mazette !) et la perfection de l'une n'a d'égale que l'omniscience de l'autre. 

 

 

 

 

 


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