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  été 2011

 

L'intérêt de l'article que l'on peut lire à l'adresse Internationales de la guitare : 390 000 € de subventions et des interrogations est évident. Il met en lumière la collusion des politiques et des industriels du spectacle qu'ils soient sous forme associative ou commerciale. Par ailleurs, chose qui n'est pas toujours connue des gens il met en évidence la survie totalement artificielle ( commercialement parlant ) de tous ces événements culturels de grande envergure médiatico commerciale.

Toutefois, la critique reste un peu frileuse et ne va pas à l'essentiel : les activités "culturelles" qui ont la faveur d'un large public sont précisément celles qui bénéficient de l'argent ( des  subventions des collectivités essentiellement ) qui coule à flot alimentant la publicité et les manœuvres de marketing. Le lien est évident ici entre les diverses composantes du pouvoir : les médias, le pouvoir politique, les commerçants du show biz. Où est la culture là dedans ? uniquement dans les têtes des moribonds illusionnés qui fréquentent ces lieux de culte ( plutôt que de culture ! ) que sont les grands festivals subventionnés.

On se souvient de la prestation de Josuah Bell, talentueux violoniste reconnu dans le milieu 'classique', qui a bien voulu se prêter à l'expérience suivante : il a joué gratuitement dans le métro de Washington offrant sa musique à des milliers de gens qui passaient. Bilan : seules 7 personnes se sont arrêtées. Josuah Belle métro WashingtonLe soir même pour écouter le même Josuah Bell à  l'auditorium de la ville les prix d'entrée étaient astronomiques et la salle était comble ! certains évoqueront bien sûr l'argument de l'empressement que subissent les citadins dans le métro pour justifier l'absence de réactions des passants à sa musique. C'est largement insuffisant… car l'essentiel est ailleurs.

La culture au sens d'un questionnement sur le monde et des réponses que chacun peut y apporter est complètement absente de ces manifestations "culturelles" ; leur signification ne tient qu'à l'enrobage. La forme ( commerciale ) y précède largement le fond. La fonction première de ces événements ( outre le fait de 'faire marcher le commerce' ) est l'hypnose qu'ils produisent sur une ( faible ) partie de la population. Cette hypnose est nécessaire à la bonne marche du système. A chacun son monde : la fascination de la technologie ( bagnoles, gadgets électroniques, …) pour une partie des cadres et petits cadres sous cultivé(e)s, les fringues pour les un(e)s, les voyages pour les autres, etc… tout ça relève de la même subordination à l'ordre du monde : consommez et restez tranquilles ! on peut être de surcroît certain que le spectacle prend d'autant plus le pas sur le contenu que l'apparence culturelle est plus insistante. Le consommateur des festivals est l'humain le plus illusionné car il croit vraiment être au contact de la culture.

Autant dire que les organisateurs de festival qui se plaignent de ne pas avoir assez d'argent ( ou d'argent public ) ne voient dans leur 'misère' que le manque d'argent et de moyens pour accéder à un statut de star qu'ils envient et convoitent. Prouvant ainsi qu'ils ne valent pas ( toujours ) mieux que ceux qu'ils envient. Quand ils évoquent leur manque d'argent, celui ci est du reste tout relatif car beaucoup de ceux qui n'ont aucune ou quasiment aucune subvention pourraient bien les voir comme des nantis au même titre que les Internationales de la Guitare.  On ne peut même pas dire que ceux qui n'ont rien soient les heureux détenteurs de la vraie culture car souvent ils sont tout comme les 'riches' : envieux de ceux que les autres ont ; et ils possèdent les mêmes schémas attristants dans la tête.

Si l'on peut déplorer que de très nombreux gogos préfèrent dépenser 50 € au zénith pour voir un navet avéré mais 'vu à la télé', plutôt que de prendre le risque de voir pour pas cher un groupe de musiciens locaux dans un concert tout près de chez eux, on n'est pas sûr du tout que les organisateurs de spectacles locaux et les artistes eux mêmes - fussent-ils locaux - n'ont pas dans leurs têtes le même environnement idéologique que les promoteurs de l'industrie du spectacle. Sans en avoir les moyens bien sûr.  

 

 


 

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