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Le manifeste contre le monde des gaz de schistes qui suit

est distribué dans la région de Béziers et des hauts cantons

lors de réunions publiques contre les gaz de schistes.

Juillet 2013.

 

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Manifeste contre le monde des gaz de schistes

 

 

O La connaissance des problèmes environnementaux créés par l'extraction des GHDS s'est assez vite répandue en France avant même que celle-ci ne débute. Signés dans une quasi clandestinité par le ministre de l'écologie d'alors, les permis de recherche ont tout à coup acquis une visibilité aveuglante. Les informations sur l'état des problèmes crées aux USA retraçaient les détériorations du sol et du sous-sol par les injections à haute pression d'eau, de sable et surtout de produits chimiques (la fracturation hydraulique), les métaux lourds et les éléments radioactifs présents dans le sous-sol profond à l'état naturel qui remontent en surface où ils deviennent nocifs. La pollution de l'air par les raffineries et les fuites de méthane ainsi que les atteintes à la sérénité des campagnes parcourues par les camions et parsemées de plate-formes de forage et de bassins de rétention ne pouvaient qu'évoquer l'horreur dans les campagnes françaises. Les populations urbaines déjà bien trempées dans les nuisances de l'urbanisme galopant en ont été moins émues. Il faut ajouter un aspect aussi fondamental : l'impact global des extractions d'hydrocarbures (de quelque nature que ce soit : conventionnels ou non) dont l'utilisation conduiraient immanquablement à une hausse de la température terrestre. Phénomène dont il est question depuis les années 70 mais sur lequel les autorités se sont – en principe – mis d'accord maintenant.

 

nesjavellir-power-plant.jpg

 

O Le désastre environnemental provoqué par les GHDS aux USA a longtemps été confiné aux cercles universitaires (quelques « experts ») et aux riverains. L'opposition de ces derniers permettaient aux industriels de faire une critique de cette opposition en la classant NIMBY

( = pas dans mon jardin ! Sous entendu ...ailleurs, pourquoi pas ?)

 

 

 

O Les dégradations environnementales dues aux gaz et pétroles de schistes sont à remettre dans le cadre plus complet de toutes celles occasionnées par le système de production industriel. La fuite en avant technologique – nécessaire au pouvoir économique – est promue par le pouvoir politique ; elle produit des catastrophes qui se multiplient ces dernières années et ne cesse de dégrader les conditions de vie. En touchant au sous sol, au sol et à l'air on constate une fois de plus que le système de production industriel avec l'exploitation des gaz et pétroles de schistes – et autres extractions conventionnelles et non conventionnelles – s'inscrit dans cette dynamique et porte une atteinte grave et globale à la vie.

 

 

O Pour pouvoir apprécier ces nuisances à leur juste valeur il faut avoir encore une idée de ce qu'a pu et ce que pourrait être la vie sur Terre sans la production croissante des produits de l'industrie ; ceux qui ne peuvent survivre sans les innombrables gadgets que celle-ci fabrique n'ont donc aucune possibilité de constater les dégâts et, donc, s'en accommodent sans trop de problème. Seule une limite objective (1) dans la « supportabilité » de celles-ci pourraient avoir un impact sur ces consommateurs-là.

 

 

O Les restrictions des libertés (interdiction d'étudier les impacts des GdS sur la santé et sur l'environnement, par exemple) que les USA mettent en place en ce moment deviennent nécessaires au bon fonctionnement du système productif. Cela permet de réduire au minimum – au moins pour un temps – non pas la réalité des conséquences mais la connaissance que les populations en ont. L'abandon des lois et réglementations environnementales (pourtant très strictes) que les mouvements des années 60 avaient imposées ont permis aussi de réaliser les extractions de GHDS. Il leur faut mettre en adéquation toutes lois et réglementations afin qu'elles s'harmonisent avec la production des gaz et pétroles de schistes. Et au delà, à toutes les dégradations commises par le capitalisme triomphant.

 

000000 l'argent décide pour vous !O Le passage progressif mais bien visible à un système « participatif » où la population est censée être consultée fait – paradoxalement ?– partie de ce basculement vers un monde devenant toujours plus totalitaire. Il n'est jamais question de céder ou partager le pouvoir décisionnaire mais bien l'illusion de celui-ci. Toujours dire que les citoyens sont consultés et qu'on tiendra compte de leurs observations tient lieu de nouvelles libertés acquises alors qu'en fait on ne nous demande rien d'autre que de nous défouler un moment (un carnaval moderne ?) puisque tout a été décidé avant même que les instances de débats ne se mettent en place.

 

O La production des marchandises (de l'industrie alimentaire aux gaz de schistes et toutes les autres) n'est absolument pas assujettie à un processus de décision démocratique. C'est 'le monde qui évolue !' – ...on nous le clame assez souvent – et l'équilibre de l'économie qui décident de ce qui est bon pour nous. On ne demande pas l'avis des populations pour fabriquer des automobiles, des cacahuètes salées (OGM ou pas), des puces électroniques, une centrale nucléaire ou creuser des puits ...sauf quand les gens se révoltent et expriment leur opposition. Seule l'irruption autonome des populations a jusqu'à maintenant permis d'empêcher le pire (2), c'est la seule solution pour les luttes à venir !

 

 

1 _ un Fukushima généralisé ou bien devant nos portes, la vache folle 'mondialisée', une épidémie 'globale',... toutes choses déjà (entre)vues.

2 _ ce qui ne veut pas dire qu'on ne pourrait pas avoir droit bientôt à d'autres Fukushima et à d'autres catastrophes...la-fillette-la-mort.JPG

 

 

 

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mai 2011 

 

 

A Béziers une première réunion sur les gaz de schistes avec une conférence très documentée sur la pratique de la fracturation hydraulique avait eu lieu au plus fort de la mobilisation. Il y en eut une deuxième le samedi 11 juin, organisée par d’autres personnes. On y projeta le film Gasland et une discussion s’en est suivie. L’actualité est aujourd’hui bien différente puisque le gouvernement a – suite à une rapide et percutante mobilisation –  récemment « interdit » l’utilisation de la fracturation hydraulique pour extraire les gaz de schistes. Les informations sur les ultimes dispositions en la matière ont donc, à cette occasion, été résumées puis commentées. Qu’en dire effectivement ? et puis, bien sûr, que faire ?

Tous les  sbires de l’Etat - au delà de leurs bien réelles divergences d’appréciation - ont cherché dans cette opération de communication ( pour parler clairement : de propagande, et - encore plus clairement : de manipulation ! ) bien sûr la démobilisation des énergies qui avaient convergé dans l’opposition aux gaz de schistes. Il devenait urgent de recycler une contestation qui se mettait en branle contre le développement économique comme élément moteur de la domination capitaliste.

Plutôt que de risquer une confrontation sur un pareil thème le pouvoir préfère organiser une parade qui va se réduire à l’opposition d’expertises pour savoir si - oui ou non - une nouvelle méthode d’exploitation des gaz de schistes peut ou non être qualifiée de fracturation hydraulique et ainsi être interdite. Celles ci nous seront inévitablement pondues bientôt par les multinationales et elles seront nommées différemment pour faire passer l’affaire ( « stimulation de la roche mère » semble tenir le bon bout ! ). Il y aura les ‘pour’ et les ‘contre’, ce sera enfin un vrai ‘débat démocratique’ comme tant de gens l’espèrent, c’est à dire un débat où l’on délègue toute capacité d’action à l’Etat et où on se contente de discuter sans fin sur des choses décidées d’avance ( voir les débats de la CNDP sur les nanotechnologies qui en sont un merveilleux exemple ! )

En fait, à l’horizon la question sera de savoir à quelles doses il sera supportable d’encaisser des injections censées être moins agressives de solvants, matières explosives ou radioactives, etc… dans nos sols, sur nos routes et dans notre entourage pour permettre l’extraction des gaz de schistes. ‘Débat’ fumeux, s’il en est.

Quand les environnementalistes nous disent qu’ils accepteraient des techniques « douces » pour extraire les dits Gaz de schistes de nos sols, on ne peut douter que l’Etat aura trouvé en eux des interlocuteurs enfin selon ses espérances.

 

La tendance d’une certaine opposition qui cherche un consensus entre des oppositions de nature très diverses conduit malheureusement à faire l’impasse sur l’essentiel qui tient à nos yeux en ce qui suit.

Premier constat : L’objectif de tous les pouvoirs est de tenir un rang dans la course ‘inévitable’ à laquelle se livrent les différentes économies mondiales. Autant cet objectif est martelé sous le seau de l’évidence autant on ignore « à quoi rime cette course » qui remplit tous les discours et les argumentaires pour nous inciter à risquer l’installation de centrales nucléaires, les cultures OGM, maintenant l’exploitation des gaz de schistes, etc…

Deuxième : Si les présupposés de cette compétition sont le plus souvent inexprimées on constate cependant que, dans un monde comme le notre, il faut produire, vendre et consommer … et ainsi de suite ! De sorte que ceux qui se contentent de critiquer la fracturation hydraulique pour son impact écologique en viendraient à accepter qu’on exploite les Gaz de schistes si ceux-ci étaient miraculeusement tirés de leur cocon géologique sans grand impact pour l’environnement. En refusant alors de se poser le problème simple de ce besoin de toujours aller plus loin dans l’exploitation de la ‘nature’ , de construire cette formidable machinerie économique qui fait voyager les marchandises d’un bout à l’autre de la planète pour les construire d’abord puis pour les vendre et enfin aussi parfois pour en traiter les déchets. On néglige la question fondamentale et on se laisse bercer par la supposée nécessité de concourir dans cette course à la puissance dont nous parlions au dessus.

 

Dans le cas des Gaz de schistes, pour y revenir plus précisément, ils sont censés prolonger l’ère du pétrole ( et du gaz ) qui est en train de s’achever ( les réserves ne nous assurent que quelques décennies encore au rythme où on les consomme ) Or, d’un point de vue strictement écologique premièrement, cette consommation grandissante va accroître les gaz à effets de serre et donc aggraver un changement climatique dont on parle beaucoup mais contre lequel on agit peu. Ensuite, c’est tout l’édifice économique qui s’est constitué à partir du XIX° siècle qui, peu à peu mais par soubresauts, avance vers l’implosion ! et les Gaz de schistes, les nanotechnologies, les OGM, etc… sont des éléments de cette fuite en avant : toujours plus de produits qui constituent des issues provisoires mais indispensables pour les économies mondiales. En quelque sorte, on produit de plus en plus d’objets pour pallier aux problèmes créés par les objets précédemment créés et ainsi de suite. C’est la course vers l’abîme. Et la critique écologiste consiste à n’en voir qu’un tout petit bout et en rester à un « capitalisme vert », moral et responsable où chacun met du sien et comprend l’intérêt de tous. Le ‘Nicolas Hulotisme’, ( ça y est, on a trouvé celui qui va incarner cette tendance à l’écologisme idiot ), a de beaux jours devant lui avec la propagation de ce point de vue.

En fait, les enjeux financiers sont tels dans cette affaire qu'on verra les multinationales qui orchestrent les affaires du monde revenir par la fenêtre après être sortis par la porte ; « Ces études et expérimentations contribueront à l’émergence et à la formation d’opérateurs et de sous-traitants nationaux susceptibles de se positionner sur le marché mondial. » Dixit le Rapport… en parlant des innovateurs en matière d’extraction plus propre attendus par le gouvernement. Où voit-on là que l’Etat a abandonné l’exploitation des gaz de schistes ???? Ils ont simplement délégué à leurs bataillons d’experts de toutes sortes le travail de reformuler la question mais la réponse ne change pas : ‘Il faut extraire !’ Evidemment, c'est ce que beaucoup ne veulent pas entendre, convaincus de la nécessité d’être compréhensifs et de faire des concessions avec tout le monde ! Soutien-Riesel.jpg

 

Gageons que la deuxième offensive des gaz de schistes sera mieux accueillie que la première qui est maintenant terminée. Les collectivités locales subiront le charme des mesures élaborées pour elles. Il sera sans doute question de créer des emplois dans la région, et les communes, les conseils généraux, etc… qui collaboreront toucheront quelques alléchantes subventions en échange du saccage de leur sol ( comme pour l’enfouissement des déchets nucléaires ). On se souvient que dans l’affaire des « laboratoires » en question quasiment toutes les communes visées – rétives au départ – ont accepté au final l’enfouissement des déchets. Il faut aussi compter sur le fait que les esprits seront alors préparés par des conseillers en communication qui sont d’ores et déjà à pied d'œuvre *. Ils changeront les mots et l’image bien écornée de cette extraction avec l’expertise qu’on leur connaît. Passés maître dans l'art de ne rien changer ...sauf les mots !

Pour éviter de se faire prendre il faudra éviter d’être un …écologiste idiot.

 

 

* à lire comme modèle du genre :  Midi Libre et les gaz de schistes

 


 

 

 

 


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