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Novembre 2009

Le film « le cauchemar du nucléaire » était bien le clou de la soirée et on ne s’est pas privé dans les médias d’en parler et reparler. Bonne idée. Cela débute par un exposé tout à fait intéressant et instructif sur l’historique de la question : il a fallu bien du temps pour faire comprendre que jeter les déchets nucléaires en mer était d’une grande inconscience (des années de lutte souvent physique des militants !) Ceci  étant dit au passage pour ceux qui louent la formidable évolution (vers le bien de l’humanité) du capitalisme ; formidable en effet, mais il aura été nécessaire que les dirigeants capitalistes soient bien forcés pour accepter, la mort dans l’âme, des réajustements dont ils n’avaient pas de prime abord perçu la nécessité (il s’agit là de rien d’autre que de la nécessité de prémunir l’humanité présente et future contre des risques de maladies et de mort) ce qui prouve à quel point les impératifs du système, quoi qu’en pensent ses supporters, sont à des lustres de choses aussi simples et élémentaires que la santé et la simple survie des gens. Il y a, pour le moins, de quoi douter de l’humanisme capitaliste !

Pour la transparence dans laquelle l’affaire des déchets nucléaires a été menée et continue de l’être on a eu un grand ‘numéro’ de la part des chefs communicateurs d’EDF et AREVA qui essayaient de justifier leurs mensonges : par omission d’abord puisque les déchets nucléaires français sont acheminés en Sibérie puis stockés là bas (pour l’éternité, …rien que ça !) dans des conditions peu satisfaisantes. Nul ne l’avait clairement dit auparavant, on avait même estimé à 95 % le taux de combustible recyclé, ce qui semble tout à fait faux. Cela dépend de la façon dont on s’exprime, des calculs que l’on fait, et dans ce flou peu ragoutant toutes les interprétations sont possibles, il n’y a qu’à se laisser guider par sa volonté ‘partisane’ et on peut en arriver à dire ‘savamment’ les plus grosses énormités avec le plus bel aplomb. Restent aussi les exemples de mensonge factuel aussi : les déchets de la Hague continuent d’être jetés en mer alors que ceci est interdit par des accords internationaux. Cependant comme les accords interdisent de les jeter « à partir des bateaux », ces messieurs - d'éminents experts en matière nucléaire tout de même - les acheminent par une sorte d’égout jusqu’à une distance de quelques km des côtes ! …et tout devient légal. Il est d’ailleurs stupéfiant d’entendre ces gens dire pour leur défense que tout ce qu’ils font est légal…! On ne peut que constater toute la perversité de leur interprétation de la légalité d’une part. Mais on attend quand même que ces gens-là soient capables d'utiliser le bon sens minimum nécessaire dans ce genre d’affaire pour y apporter des réponses satisfaisantes. Seraient-ils aveuglés par le conséquent salaire octroyé par l’entreprise pour faire ce 'sale boulot' ? Ces technocrates iront apparemment jusqu ‘au bout du mensonge et de l’aveuglement !

On pourrait se demander : que font les pouvoirs publics ( l'Etat ) ?  Eh bien, ces représentants du Bien Public ne sont pas là pour relever le niveau puisque ce sont eux qui font les lois et qui sont censés aussi savoir comment elles sont appliquées. Au lieu de restaurer un peu de 'sens commun' dans cette affaire qui en manque cruellement ils participent plutôt à l'omertà : la collusion de l'Etat et des multinationales est totale. Et les alternances Gauche Droite au pouvoir n'ont pas fait évoluer les choses le moins du monde. 


Venons en aux modalités du débat qui eut lieu après le film : les critères à respecter en ont été proclamés par un des chefs de la commission des débats publics présents ce soir là. Celui-ci vantait son œuvre (le débat de 2005 sur les déchets nucléaires, CNDP = Commission Nationale des Débats Publics, précisément !) Selon lui on y avait « laissé de côté toute polémique » (sic) ; personne n’était venu pour y dire : "je suis pour" ou "je suis contre" mais pour apporter sa pierre à l’édifice. Etrange débat ! Dans ces conditions, que devient un ’débat’ où tout le monde se met d’accord pour ne rien remettre en cause ? Si tout le monde n’est ni pour ni contre mais seulement là pour enrichir le …’débat’. La vieille rengaine du "ni pour ni contre" revient à chaque débat avec autant de régularité que l'attribution aux opposants au désastre du titre peu glorieux d'idéologues et aux partisans du ...progrès ( = la croissance, = l'innovation technologique indéfinie, ... ) de celui de pragmatiques. Comme si la critique radicale avait le monople de l'idéologie ! les idéologues les plus bornés ne seraient-ils pas plutôt ceux qui - comme on l'a vu - sont attachés à sauver un système, un mode de vie qui nous conduit à une catastrophe certaine ? "Notre mode de vie n'est pas négociable",  a déclaré le président des Etats-Unis à la conférence de Kyoto. Il est quand même bizarre qu'on n'ait jamais pensé à qualifier celui-là d'idéologue... 

Dans un tel cadre, donc, on parle pour soulager sa conscience et/ou on se moule dans la réalité existante, c’est à dire qu’on accepte tacitement les choses telles qu’elles sont (...éventuellement modifiées parfois - à la marge - par les maîtres du monde - qui savent et décident de tout - pour nous remercier de notre aimable participation). Autant dire que les gens sont invités à dire leur malaise tout en aidant à la réalisation des projets déjà décidés d’en haut. Il est donc impératif de mettre au clair les non-dits et expliquer autant que possible le mécanisme biaisé de ces débats qu’ils nous pondent chaque fois qu’ils veulent notre adhésion. Ou simplement …qu’on les laisse faire. Car on ne met malheureusement pas si souvent en évidence la malhonnêteté fondamentale qui y est mise en oeuvre et la manipulation dont les participants naïfs sont l'objet.

Le système a bien sûr avec lui la passivité qu’il s’est ingénié à générer avec tant d'insistance et de continuité. Cette passivité qui ne manque pas - trop souvent - de prendre le dessus dans les moments où il serait le plus nécessaire de s’en affranchir. Comme la situation ne peut que s'aggraver il revient à 'ceux qui restent debout' de (ré)insuffler l’esprit de liberté  qui nous fait tant défaut !

 

                                                                                                                            

           " Les grands de ce monde sont grands parce que nous sommes à genoux ! "                                           

 

 

                                                                           


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