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   « Le système n’existe pas et ne peut pas exister pour satisfaire les besoins des hommes.C’est plutôt la conduite humaine qui doit être modifiée afin de répondre aux besoins du système. » 

Théodore Kaczinsky


 



« Nous devons maintenant faire pour le grand public ce que nous avons

fait depuis 2003 pour un public restreint : désigner les nanotechnologies comme question politique, inséparable de la question sociale et du développement, pour tout l’avenir prévisible de l’économie planétaire unifié                              

PMO

 

 

L’affaire des débats (qui ne manqueront pas d’être citoyens) sur l’arrivée massive des nanotechnologies (70 millions d’investissement de l’Etat français) concentre une bonne partie des horreurs dont le monde capitaliste nous abreuve quotidiennement :

 

_ La nécessité de fabriquer des objets de plus en plus complexes dont la dangerosité va sans cesse croissante est devenue, depuis déjà quelques décennies déjà, une caractéristique des multinationales qui se sont ruées dernièrement dans la production des « nanotechnologies ». Que ces objets infiniment petits qui sont dotés de capacités très diverses soient disséminés dans la nature et deviennent incontrôlables ne soucient pas plus que ça un homme d’Etat malgré les expériences douloureuses de la ‘vache folle’ et autre Tchernobyl. Tout cela ne peut être pour tous ces technocrates que de fâcheux (et impondérables) accidents de parcours. Ils y voient même l’avenir radieux du système capitaliste …un peu éprouvé bien sûr par des crises ces temps-ci. Le rôle supposé de l’Etat (tel qu'il est décrit par ses défenseurs) aurait été pourtant, selon la stricte idéologie officielle, de prendre quelque assurance sur l’innocuité, au moins relative, des nouvelles technologies. Bien au contraire, ne voulant pas ralentir la course mais la gagner, ils se gardent bien de construire quelque garde fou que ce soit. En la matière, les Etats ont pour objectif de faciliter et de garantir auprès des multinationales la fuite en avant technologique.

 

_ Le pouvoir économique de ces producteurs de nanotechnologies devient démentiel : seules quelques firmes dans le monde (Nestlé, Monsanto, …) seront capables de fabriquer ces nécro-technologies, dominant ainsi outrancièrement un marché qui s’annonce juteux. Les intérêts énormes qui sont déjà en jeu laissent augurer une guerre économique à l’échelle planétaire où les salariés n’ont rien à gagner. Il y a fort à parier que les recherches continuent à se faire dans les pays industrialisés, la production étant sous traitée dans les pays émergeants où la main d’œuvre est moins coûteuse et les législations moins regardantes. Par ailleurs, l’armée française a beaucoup investi dans Minatec, le pôle grenoblois des nanotechnologies, bien qu’elle s’en soit défendue pendant un certain temps. Alors pourquoi pas une guerre tout court ? (Il faut noter que des essais d’utilisation des nanotechnologies ont été effectués pendant la guerre qu’Israël mena à Gaza. Avec une belle efficacité : ont été observées des blessures telles que les médecins n’en avaient jamais vu de pareilles et devant lesquelles ils restaient démunis.) Après nous avoir servi les OGM et la vache folle on reprendra bien un petit coup de nanotechnologies, histoire de changer le monde qui serait bien terne sans les multiples innovations qui le défigurent à un rythme accéléré. Il faut bien ça pour assurer l’avenir du système.

 

_ Les technologies convergentes (NBIC pour les intimes, N = nanotechnologies,…) contribueront graduellement mais rapidement à un monde sous contrôle permanent. Peu à peu les libertés individuelles et collectives s’amenuisent au profit de la sacro-sainte sécurité. Il faudra vaincre …la nature (encore et toujours), les terroristes (plus que jamais), canaliser les déviants et les malades mentaux (qui ne respectent vraiment rien), etc… tout ce qui éloigne les braves gens (…qui se lèvent de bonne heure !) de l’activité qui détermine leur existence : la production et la consommation des marchandises. 

 

_ Les débats prévus par l’Etat sont une caricature du débat que tout être sensé serait à même d’exiger en pareilles circonstances. Ils sont supposés indépendants mais, prudemment, on ne dit pas de quoi …ni de qui. En tous cas plusieurs ministères sont les commanditaires de l’affaire et celui de l’écologie paie la note : qui ne voit là une garantie d’objectivité ne peut être qu’une mauvaise langue, n’est ce pas ?

Organisées soi disant par les têtes pensantes de l’Etat, le techno-gratin a préféré s’adjoindre une de ces officines privées dont le but proclamé est de rallier les opinions publiques qui s’égareraient dans la contestation (des entreprises de ce type naissent aujourd’hui comme les champignons après la pluie, à croire que dans ce créneau il y a maintenant du boulot !). Le fameux syndrome des OGM dont ‘personne’ ne veut en Europe taraude l’Etat qui voudrait prévenir maintenant pour ne pas être confronté à une situation de refus similaire. L’officine qui opère ici est une vieille connaissance pour les enseignants : « I & E consultants » (voir leur présentation), la même qui fut embauchée par les technocrates du ministère de l’éducation nationale qui leur a sous-traité la sale besogne de flicage. Mais non, rassurez vous il ne s'agissait (...doux euphémisme) que d'une opération qui s’appelait : ‘la veille de l’opinion’. Alors !

 

_ La composition même de la commission organisatrice de ces conférences montre bien combien la partie est biaisée : elle est affichée comme indépendante et tout de même composée de technocrates fiers de l’être ( ex PDG de grosses boites, scientifiques à la botte, …) bref une garantie de transparence et de discussions objectives  évidemment. Le passé a montré que ce genre de causerie a abouti à des conclusions dont on n’a jamais tenu compte (voir le débat sur les déchets nucléaires qui avait dénoncé lourdement l’enfouissement des déchets, c’est pourtant chose faite aujourd’hui !) les jeux sont faits, ces débats n’existent que comme exutoire afin que les opposants les plus naïfs puissent se dire qu’ils auront perdu, certes, mais qu’ils ont …quand même fait quelque chose.

Quant aux autres ils apprendront que …"Faire participer, c'est faire accepter." le techno-gratin le sait et agit en conséquence. Les Verts et toute la ‘piétaille associative de bonne volonté’ enchanteront les organisateurs en se ruant dans les débats (comme dans le grand-guignolesque Grenelle de l’environnement.) Les aspirants gestionnaires sont en attente d’un strapontin, d’une commission pour se faire reconnaître comme interlocuteurs valables avec tous les avantages que ça comporte. Gageons que le pouvoir saura un jour remercier ses ‘opposants fidèles’ d’avoir si bien joué le jeu.

 

La question n’est pas de ‘faire quelque chose’ en participant servilement aux mascarades organisées pour pérenniser le système. On est dans une manipulation dont l’Etat moderne a la recette et dont il use abondamment en cette période charnière. Il est urgent de mettre tout ça au grand jour, de refuser d’être bernés une fois de plus et de favoriser un mouvement qui ne manquera pas de cristalliser toute l’animosité qu’on peut avoir contre le système qui ne nous promet plus rien que d’adhérer à ses fantasmes. N’oublions pas que les débats auront lieu pendant que les multinationales seront en train de fabriquer leurs technologies mortifères (les débats ne sont que des consultations ; ils existent pour ‘écouter’ et ‘rendre compte’, c’est tout !) - ce qui signifie bien qu’ils doivent ‘accompagner’ des décisions déjà prises au sommet. Du reste, y a t-il des gens assez naïfs pour croire un seul instant que les multinationales attendent patiemment le feu vert des citoyens pour continuer leurs recherches et leurs productions ?

 

On pourra apprécier à la façon dont ces gens organisent des débats à grande échelle, l’estime qu’ils portent au peuple qu’ils appellent à y débattre. Ils produisent leurs nanotechnologies dont ils clament bien sûr l’innocuité vis à vis des libertés individuelles et collectives ; les « débats pipeau » (pour reprendre l’expression des contestataires strasbourgeois qui sont intervenus dans le premier débat le 15 octobre) qu’ils nous proposent aujourd’hui sont, dans la manipulation, à la hauteur des horreurs qu’ils projettent de mettre en œuvre demain avec leurs fichues technologies… et ce n’est pas peu dire !

 

 

 

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                                                                                                                                                                           29 décembre 2012.

 

 

Retour sur les nanotechnologies et ...

l'homme augmenté !

 

 

 

Les lunettes n’augmentent pas l’homme mais un individu particulier précisément en vue d’acquérir des capacités humaines -considérées comme “normales”- qui lui manquent. En effet, voir pour pouvoir lire -par exemple- est apparu comme indispensable à une époque où on a ressenti dans un certain milieu comme nécessaire d’avoir cette “prothèse” le cas échéant. Cela n’augmente pas l’Homme car cela ne lui donne pas des capacités au delà de la condition humaine commune.
Par contre, le bracelet montre permet d’avoir l’heure, ce qui, sans conteste, lui donne des capacités qui ne sont pas dans sa nature. Dans le monde qui a fabriqué les horloges puis les montres, compter le temps qui s’écoule a été identifié comme un besoin (ce qui n’était pas le cas dans les conditions de vie des époques qui ont précédé). La montre a donc augmenté l’Homme pour le rendre plus adéquat à un système de productivité qui requerrait cette capacité.


Tout le problème est là : considérer que le système social qui englobe les individus est indiscutable pose problème… surtout quand on veut avoir une approche philosophique de cette question. En effet, on a de cesse de dire que le monde moderne est fait de courses -assez vaines au bout du compte- pour acheter, produire, travailler, étudier, etc. Et il faudrait se contenter de mettre ces innovations qui “augmentent l’Homme” sur le dos d’un “progrès” inévitable, indiscutable (dans le sens où il est question ni de le remettre en cause ni de changer de perspective). Il serait au contraire philosophiquement fondé de mentionner les causes de cette perpétuelle recherche de prothèses qui permettent aux hommes d’évoluer en se conformant aux nécessités créées par ce monde !
En somme, se poser la question de l’ “Homme augmenté” conduit directement à se poser la question du monde qui le rend nécessaire. Dans une société agricole traditionnelle on n’a nul besoin de porter une montre à son poignet. Mais pas besoin non plus de tous les objets que nous achetons aujourd’hui et qui nous apparaissent parfois comme indispensables et, en même temps, souvent comme oppressants et superflus. La démesure de l’Homme augmenté, c’est en fait la démesure du monde qui le fabrique.
En fait, la question qui devrait se poser est bien de savoir quel besoin on a d’augmenter l’Homme en se posant la question du monde …qui a besoin de cet homme augmenté !

 

Les industriels fabriquent des prothèses pour cet homme augmenté sans rien nous demander et nous les font acheter – comme ils nous font acheter n’importe quelle marchandise (doit-on rappeler que le budget de la publicité constitue 50% du budget global ? et que celle ci est terriblement efficace !) Eux savent pourquoi ils fabriquent les prothèses qui doivent servir à s’adapter à leur monde adaptation nécessaire puisque celui-ci devient de plus en plus invivable. A nous de réfléchir et de mettre en avant tous les arguments qui nous amènent à les rejeter. Ils ne manquent pas.
Les apologétiques de « l'homme augmenté » ont cette tendance fâcheuse (mais trop fréquente) à considérer que le monde tel qu’il est aujourd’hui est un phénomène … “naturel” comme le vent ou le bleu du ciel. Inconstruit, incréé et donc inamovible, indestructible ! En conséquence, il n’y a pas de questions à se poser à son sujet, il faut s’adapter, c’est tout ! Puisqu'il est mouvant, fuyant, constamment à 'saper ses propres bases'. Ce point de vue légitime donc toutes les innovations permettant cette adaptation. Aussi saugrenues soient-elles, comme ces monstrueux hommes augmentés que nous préparent les nanotechnologies et autres 'nouveautés hybrides'.

 

 

 

 

 

 


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